Le Pakistan crée un sanctuaire pour le dauphin de l’Indus et protège 400 kilomètres d’habitat connecté
Le gouvernement du Punjab a établi le Punjnad Indus River Dolphin Sanctuary le long de 200 kilomètres de l’Indus, abritant environ 440 dauphins. Relié à une zone protégée au Sindh, ce corridor protège légalement quelque 400 kilomètres d’habitat fluvial ; WWF-Pakistan accompagnera l’État pour élaborer un plan de gestion.
Publié le · Par Hugo Soltys · 0 vue
Un geste concret pour un dauphin en danger
Le gouvernement du Punjab a créé le Punjnad Indus River Dolphin Sanctuary, un sanctuaire aménagé le long de 200 kilomètres de l’Indus. On y estime la présence d’environ 440 dauphins de l’Indus, une population importante au regard du statut de l’espèce.
Un habitat connecté sur près de 400 kilomètres
Ce qui change la donne, c’est que ce nouveau sanctuaire relie une zone protégée déjà située dans la province voisine du Sindh. En reliant ces deux aires, le Pakistan place légalement sous protection environ 400 kilomètres d’habitat fluvial connecté, une étendue comparable à la longueur d’un petit État américain.
La situation de l’espèce et les causes du déclin
Le dauphin de l’Indus est une espèce menacée : on estime qu’environ 2 000 individus subsistent, répartis en poches le long du fleuve. Ces poches occupent aujourd’hui trois tronçons distincts de l’Indus, qui totalisent environ 700 kilomètres de rivière accessible à l’espèce. La perte d’accès au cours d’eau est liée à des aménagements économiques : barrages, canaux d’irrigation et autres infrastructures ont fragmenté et réduit l’habitat disponible.
Un partenariat pour un plan de gestion
WWF-Pakistan accompagnera l’État—en travaillant avec les autorités d’Islamabad et du Punjab—pour élaborer un plan de gestion du sanctuaire. L’objectif affiché est que les dauphins puissent non seulement survivre, mais prospérer dans cet espace désormais protégé.
Protéger le dauphin, protéger le fleuve
La conservation du dauphin de l’Indus ne vise pas seulement une espèce emblématique : en tant qu’espèce de sommet dans son milieu aquatique, sa santé reflète celle de l’ensemble de l’écosystème fluvial. WWF-Pakistan rappelle que la mise en sécurité des populations de dauphins passe par la protection de tout le système rivière—des eaux aux berges—ce qui peut bénéficier aux communautés humaines qui vivent de et avec l’Indus.
Une avancée encourageante, mais pas une fin
Cette décision est une avancée concrète : 200 kilomètres nouvellement sanctuarisés et, surtout, un corridor protégé de quelque 400 kilomètres offrent une dimension de continuité essentielle pour une espèce fragmentée. Reste à traduire ce cadre légal en gestion active et en actions sur le terrain pour limiter les pressions qui ont réduit l’accès du dauphin au fleuve. Si l’effort se poursuit—gestion, surveillance, et mesures pour réduire l’impact des infrastructures—il y a une vraie opportunité de renforcer la résilience du fleuve et de ses habitants.
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